| Pourquoi faut-il regrouper les communes ? Notre
organisation
territoriale date de la Révolution française. A cette époque le bassin de
vie était centré sur la commune, où les résidents avaient un emploi sur
place : agriculteurs, forgeron, épicier, aubergistes, etc. On trouvait
cette organisation dans les petites communes rurales même peu peuplées. On
sortait de sa commune uniquement pour aller au marché, souvent situé au chef
lieu de canton donc a proximité. Un
courrier peu performant, pas de téléphone, cette organisation a perdurée
quasiment jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En
fait, ce regroupement aurait dû avoir lieu depuis les années 60, période où
les changements dans les moyens de communication sont devenus déterminants. Aujourd’hui,
cette organisation rurale a totalement disparue, les moyens de communication
modernes ont considérablement agrandi le bassin de vie des habitants des
petites communes. Leur
population est maintenant composée d’agriculteurs, de retraités, et
d’actifs qui travaillent dans la ville la plus proche. Le haut débit pénètre
dans les fermes béarnaises. Tout le monde a sa voiture. Les marchés ont
disparu. Mais l’organisation communale reste la même. Bien
évidemment, il y a belle lurette que certains politiques ont fait tous ces
constats et ont donc lancé un regroupement des communes (loi Marcellin du
16/07/1971) Mais ce regroupement
imposé a échoué, et les politiques ont favorisé ensuite le regroupement par
incitation financière. Une des mauvaises conséquence de cette
démarche est que ni la taille des regroupements, ni la géographie de ces
regroupements n’est souvent pertinente (regroupements en fonction des personnes plus
qu’en fonction de logiques territoriales). Ainsi au 1/1/2004,
2/3 des intercommunalités comptaient moins de 10 000 habitants. Ce
regroupement incitatif a pour but d’optimiser le fonctionnement et réaliser
des économies. Il consiste bien sûr à transférer à l’intercommunalité
des compétences de la commune. Là aussi, il existe de nombreux cas de figure
d’intercommunalités plus ou moins abouties. Il est clair qu’une efficacité
maximale serait atteinte avec un transfert total. Si
on regarde ce qui s’est fait en Europe, on se rend compte de l’écart qui
existe avec les autres grands pays. ·
En Allemagne,
la structure démocratique de base compte 8900 habitants en moyenne. ·
Elle est de 17
000 habitants en Belgique ·
24 000
aux Pays Bas ·
et
jusqu’à 135 000 habitants en Grande Bretagne. Il
faut bien en conclure que cette taille est tout à fait gérable. D’ailleurs,
personne n’en doute, les communes de 10 000 habitants sont nombreuses en
France, et elles arrivent à fonctionner
tout à fait correctement. Une
taille trop faible de l’unité de gestion de base, si elle était acceptable
il y a un siècle ou deux, ne l’est plus aujourd’hui. Les infrastructures
à mettre en œuvre, les équipements, le personnel, les structures scolaires ne
peuvent s’envisager à un coût acceptable pour la société que si elles sont
regroupées, mutualisées. Le mouvement intercommunal incitatif a maintenant fait entrer dans les mœurs, par une voie « douce », la nécessité d’un regroupement des communes. Désormais,
plus de 90% des communes font maintenant partie d’une intercommunalité : Alors
pourquoi les maires des petites communes rechignent-ils à accepter les évolutions ?
Il faut bien
reconnaître que les élus, d’une manière générale, ont rarement fait cette
démarche élective par désintérêt total. L’ambition, l’ego, le pouvoir,
le fait d’être reconnu… Ces nombreuses motivations s’accommodent mal
d’un renoncement. Pour beaucoup, la mairie est le tremplin d’une ambition.
Et, malgré tous les atermoiements, on trouve des candidats en nombre pour cette
fonction « sacerdotale ». Quand
le maire d’une petite commune assure que son action de proximité est vitale
pour la population, comment explique-t-il que les citoyens des villes de 10 000
ou 300 000 habitants peuvent survivre. Nous mesurons, bien entendu, la nécessité d’avoir des actions de proximité et des hommes pour les assurer. C’est aujourd’hui largement fait au travers de multiples associations (sport, culture, loisirs) et nous devons toujours conserver des élus de proximité identifiables par le citoyen. Il n’est donc pas question d’envisager la suppression des services municipaux de base (état civil, mariages, etc.). Mais il faut faire en sorte que l’action publique soit plus efficace grâce à des prises de décisions à un niveau pertinent.
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