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Historique
Le
domaine du Bilaà appartenait à la famille de Martenne et dépendait de la
seigneurie du Laur. En 1792 la majeure partie de la seigneurie fut rattachée à
la Commune de Lescar. Le domaine est passé par mariage à la famille
d’Ariste. Le château actuel fut construit en 1853 par Jean-Baptiste Auguste,
baron d’Ariste sur l’emplacement d’un oppidum protohistorique qui fut en
partie bouleversé par les travaux. Contrairement à une légende tenace, le
site n’a pas été occupé par les Romains. En 1861, le baron demande la
permission de construire la chapelle. Le pont qui permet de passer le fossé de
défense a été construit en 1878 par un certain Bonnet. Dans le années 1960 le château, très dégradé,
est abandonné par la famille d’Ariste qui s’établit dans des dépendances.
En 1963, la famille d’Ariste divise le domaine en 3 lots qui sont vendus à
des sociétés immobilières. Ces lots sont eux-même divisés en 1973. Un des
ces lots deviendra en 1976 le lotissement « Le Bilaà. ». Le reste
du domaine (6ha 9a 38ca) sera acquis par la commune de Lescar en 1983. Le
château du Bilaà, incendié par deux fois dans les années 1970, est
totalement abandonné. Les ruines deviennent dangereuses et sont très mal fréquentées,
surtout le soir. La Mairie fait murer les ouvertures et en interdit l’accès.
Rapidement, une partie du domaine située de l’autre côté de l’avenue
Novella est cédée pour y construire des logements sociaux. En 2007-2008, la Commune décide de réhabiliter le
Château. Le
Conflit
Un projet de salle de convivialité était prévu
à Lescar, avenue du Vert Galant. Cherchant une finalité pour le domaine du
Bilaà, (la Chambre Régionale des Comptes ayant sommé la Commune de valoriser
ce patrimoine) sur proposition des services municipaux, le Maire décide d’y
implanter la salle de convivialité prévue, ce site étant plus prestigieux. Dès 2005, on assiste à une mobilisation des
riverains du site du Bilaà contre le projet, provoquée par une conseillère
municipale a qui M. Claverie a donné des documents provisoires, le projet n’étant
pas encore finalisé. Ils argumentent de la dénaturation du site, de la
dangerosité de l’accès et des nuisances lors des festivités. Ces opposants
au projet s’organisent en association loi 1901 et souhaitent que le site ne
soit accessible que par voie piétonne et qu’il soit réservé au sport et à
la promenade. Ils demandent que le château soit mis en sécurité sans proposer
une autre utilisation. Une pétition (qui aurait recueilli 850 signatures de
riverains) est remise au Maire. La Municipalité ayant décidé la poursuite du
projet, un permis de construire est déposé. Celui-ci prévoit l’implantation
de l’accès par le sud. Une convention est négociée avec le magasin « Toys
‘R Us » pour l’utilisation du parking de cette enseigne (la superficie
de ce parking ayant été surdimensionnée dans l’hypothèse d’une extension ).
L’association dépose un recours en référé devant le Tribunal Administratif
qui annule le permis de construire, le parking
n’appartenant pas à la Commune. Entre-temps, l’avenue Novella, ayant été
déclassée, les terrains bordant cette voie pourront être cédés à la
Commune. Il est donc envisagé l’implantation des parkings en bordure de cette
voie et le tracé d’un accès par le Nord. Mais tant que la Commune n’a pas
racheté le terrain au département et que le P.L.U qui prévoit cette option
n’a pas été approuvé, la Municipalité ne peut pas argumenter sur cette
option. Le Maire dépose donc un nouveau Permis de Construire qui prévoit
l’accès par le Sud et des parkings sur le site du château. Une deuxième
demande d’annulation du Permis est déposée en référé par l’association
devant le Tribunal Administratif. Ce dernier fait arrêter les travaux. Les
excavations entreprises pour consolider les fondations risquant de mettre en péril
la structure du bâtiment, le Maire prend un arrêté de péril pour pouvoir
faire continuer la consolidation, mais ne poursuit pas la construction de la
salle de convivialité. L’association porte plainte au Civil pour non respect
des décisions de Justice. Le 20 novembre 2007 le Tribunal Administratif
rejette les requêtes de l’association. Les travaux reprennent. Situation
début 2008
Les travaux de réhabilitation du château et de construction de la salle de convivialité ont repris. La Commune a acquis les terrains qui bordent l’avenue Novella. L’instruction de la plainte de l’association est en cours. Des dégradations ayant été constatées sur le chantier pendant la première phase des travaux, le Maire n’exclut pas de déposer une ou plusieurs plaintes.
Nous avons rencontré les membres de
l’Association de Défense le 20 novembre 2007. Le compte-rendu a été diffusé
en son temps. Nous avons rencontré le Dr Claverie, Maire de
Lescar le 26 novembre 2007. Le compte-rendu a aussi été diffusé. Par deux
fois Gilbert Collet a rencontré le Maire pour se faire préciser certains
points. Une visite du site a été effectuée par les C.d.B. en compagnie du
Maire le 18 janvier 2008. Des contacts informels ont eu lieu avec de nombreux
habitants de Lescar pour leur demander ce qu’ils pensaient de cette affaire. Il ressort du travail effectué : En ce qui concerne l’Association du
Bilaà :
En ce qui concerne la Municipalité de Lescar :
La principale remarque que l’on puisse faire est que tout n’a pas été fait dans la transparence. Certes le problème de l’accès et des parkings était délicat dans la mesure où le Maire ne pouvait pas faire état officiellement de la procédure engagée pour récupérer les terrains bordant l’avenue Novella. Cependant sa prise en compte dans la définition du P.L.U était révélatrice. Le projet de salle de convivialité était dans les cartons de la Mairie depuis plusieurs mois. (Il avait été question de l’implanter dans la zone du Vert-Galant, comme dit plus haut). L’idée de fusionner ce projet avec la réhabilitation du château n’était pas mauvaise en soi. Cependant, il aurait été souhaitable de faire à ce sujet une solide action de communication. Le bulletin de liaison municipal « Lescar en Forme » aurait pu être un bon média avec un article du type de celui qui a présenté les travaux de la Cathédrale. L’opposition au projet est circonscrite au lotissement du Bilaà ; la grande majorité des Lescariens y est favorable car les locaux actuellement utilisés (Centre V. Hugo, salle du Fronton) ne sont ni adaptés, ni agréables. De même, il faut relever que la destination du château lui-même n’a pas été clairement exposée. Les contacts pris par le Maire avec diverses entreprises pour mettre ces locaux à leur disposition (moyennant finances) ne peuvent pas être étalés sur la place publique, discrétion et concurrence oblige, mais en exposer le principe n’aurait pas été inutile et aurait désamorcé des questions et des rumeurs. En ce qui concerne l’accès et les parkings nous suggérons que l’ouvrage soit remis sur le métier. En effet, il est acquis que l’accès Sud sera réservé au personnel du site, aux fournisseurs et aux personnes à mobilité réduite. Par contre, il nous semble que l’accès Nord va poser des problèmes. En effet, si l’on admet que les parkings seront en bordure de l’avenue Novella, la distance à parcourir pour gagner le château nous paraît trop longue. Compte-tenu de la pente, le chemin, ou la route, ne pourront pas « tirer droit ». Pour des personnes peu « en forme » même non handicapées ce sera long. Une solution pourrait être une navette entre le château et le parking, mais outre une charge financière en matériel et en personnel supplémentaire, il restera le problème des arrivées groupées et des départs échelonnés. Il nous semblerait judicieux d’aménager des places de parking en dehors du plateau, d’une part sur la zone qui actuellement sert à stocker les déblais et d’autre part étagés en bordure de la route d’accès. On peut envisager une « raquette » à proximité de la coupure dans le rempart permettant aux passagers de descendre, le chauffeur gagnant ensuite une place de parking. Cette solution nous paraît plus « conviviale » et ne paraît pas coûteuse en arbres. Nous pensons que ce projet « Bilaà » aurait dû être, dès le départ, une opération globale. En effet, on peut comprendre que l’importance du chantier nécessite une planification sur plusieurs années (finances obligent) et que le château et la salle de convivialité soient une priorité. Cependant, présenter en même temps les grandes lignes de la destination du parc et des bois environnants aurait désamorcé de nombreuses critiques. Nous pensons qu’une consultation des Lescariens par des voies qui restent à définir serait une bonne opportunité. Certes le Maire envisage de faire appel à un cabinet spécialisé dans l’aménagement des espaces verts et a déjà conclu un accord avec les Eaux et Forêts pour l’entretien de l’espace forestier, mais associer les citoyens de la Commune serait la meilleure façon pour qu’ils s’approprient les lieux. Si ce problème avait été abordé dès le départ nous pensons que les opposants au projet, qui craignent une dépréciation de leur patrimoine, auraient été rassurés. Un projet de ce type ne peut que le valoriser. Le vrai problème posé par ce projetOn a pu voir que les critiques émanant de l’Association du
Bilaà relevaient uniquement d’un conflit de voisinage, avec, en outre,
l’affirmation que le montant de l’investissement était démesuré au regard
des moyens financiers de la Commune. La Chambre Régionale des Comptes considère que Lescar « dispose d’un potentiel suffisant pour prendre en charge cet investissement ». Donc sur ce plan, en faisant confiance à cet organisme, nous pouvons considérer que l’équipe dirigée par M. Claverie a fait un choix avec le risque politique qui en résulte mais qui ne met pas en danger les finances de la ville. Par contre, le vrai problème posé par cet équipement est
celui des frais de fonctionnement qu’il va générer et de cela, il n’en est
pas du tout question dans les arguments des adversaires du projet. Or ceux-ci
vont rajouter des frais fixes à la Commune qui n’ont pas été réellement évalués. Certes, M. Claverie affirme que les recettes couvriront les dépenses
et appuie son raisonnement sur le bilan financier des opérations immobilières
« Gendarmerie » et « Trésor Public ». L’opération
Bilaà est d’une tout autre nature et il ne peut parler que de son sentiment
sans avoir fait un vrai budget prévisionnel d’exploitation. C’est là que se situe le point faible de ce projet : même
si une Municipalité peut accepter un déficit d’exploitation de pareille
installation, encore faut-il que ce déficit soit évalué dès le départ
afin de savoir a priori où l’on va. Les frais de fonctionnement risquent d’être importants : En effet, outre le gardiennage et l’entretien courant, il
faudra prévoir du personnel spécifique : -
pour gérer les aspects commerciaux de l’exploitation :
prospection, gestion des commandes, publicité,… -
pour l’adaptation des salles aux demandes des
clients, -
pour le contrôle et la surveillance des matériels
techniques mis à disposition (cuisines, locaux techniques, matériel
audiovisuel,). A cela s’ajouteront : -
les charges classiques d’eau, gaz, électricité,
chauffage, air conditionné, -
la sécurisation du site, -
l’entretien de l’ascenseur et des installations
techniques, etc… Quant aux recettes elles sont hypothétiques : -
Combien de manifestations peut-on espérer voir se dérouler
chaque année ? -
Quel niveau de prix pourra-t-on pratiquer au Bilaà ?
-
Sera-t-on compétitif par rapport à ce que l’on peut
trouver dans la région ? L’équilibre financier du fonctionnement d’une telle
structure ne nous semble pas du tout évident et risque au moins pour une longue
période d’être une charge importante dans le budget communal. En
conclusion : Avant de pouvoir affirmer que le projet « Bilaà »
est une bonne opération pour la Commune de Lescar il faudrait établir ce
budget prévisionnel qui est le seul moyen de savoir où l’on va. Quelle que soit la destination que lui donnera la
nouvelle équipe municipale, cet exercice devra être mené avec étude
comparative de différentes solutions afin de pouvoir choisir la meilleure. Quant à l‘aménagement du parc du château, il dépendra
au moins partiellement de la destination finale qui sera retenue pour cet
ensemble. Il nous paraîtrait intéressant que ces cinq hectares classés en
espace non aliénable et imprescriptible au plan local d’urbanisme en vigueur
s’inscrive dans un schéma plus large permettant de créer une « Coulée
Verte » entre Lescar, Lons et Billère ouverte aux marcheurs, aux
cyclistes, aux cavaliers, enfin à tous ceux qui pourraient rencontrer la nature
aux portes de la ville. |
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Citoyens du Béarn : ouvrons les yeux ! |